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Archives pour décembre 2008

Anouar Brahem- Leila au pays du carrousel

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Entracte

clochardnotredame96.jpg

 

Décembre glisse dans la rame de métro.
Je suis paumé.
Cela fait longtemps déjà que je ne demande plus mon chemin.
Je préfère m’égarer dans mes rêves et veillées,
Allongé à plat ventre sur mon banc.
Est-ce que je fais semblant de vivre ?
Je bouge mes doigts crasseux.
On dirait bien.
Je replie mon sac à dos.
Les relents d’hier soir remontent le cours de ma mémoire,
Longue escale dans mes narines…
Navigation acide, brouillard épais, je flotte à vue basse sur gueule de bois.
Je traîne mon jean usé et ma tronche défectueuse.
Marseille se dérobe sous mes chaussures pelées.

Sur le trottoir d’en face cette fille qui attend,
Ses lèvres enroulées dans un rouge cerise,
Son cou pris dans une écharpe blanche.
Le désir à l’affût, je m’arrête sur les intonations lascives de ses courbes.
Une silhouette à découper, selon les pointillés dessinés par les battements de mon sexe.

Je traverse.
Je veux renifler le parfum matinal de cette fleur de ruelle.
Envie de la croquer jusqu’à la racine.
Etre le caillou de gouttière qui dresse un barrage entre elle et le reste du monde.

Elle me jette un regard, un air d’indifférence dans l’œil.
Pour le lui ôter, je soufflerai bien dessus mon haleine chargée des excès de la rue,
Mais elle semble si légère qu’elle pourrait s’envoler.
Je veux la garder sous les yeux.
Elle est à moi.

Je me rapproche pour mieux voir.
Du poteau où je suis adossé, le panorama est grandiose.
Je ne m’en lasse pas.
Je poursuis mon manège.
« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur »
En attendant la mienne fait le tour de ses seins.

Je voyage entre les lignes de son relief, j’ai appris à lire au moins jusqu’au terminus :
Une chute de rein remarquable…
Et pas de quoi lui payer un café au bistrot du coin.

La galère me fait les poches jusque dans les moments les plus inattendus.

Elle me sourit…
Pour moi c’est comme si elle avait accouché d’un arc-en-ciel, là juste à mes pieds.
Oui M’sieur, dame, tout comme !

Je m’avance, elle aussi…

Derrière moi, cette voix grave qui m’assomme.

«Bonjour toi… »

Son sourire s’agrandit.
Elle passe à côté de mes espoirs débraillés.
Sans me voir…
Elle se jette dans les bras d’un costard impeccable, longuement étuvé à l’after-shave.

Un coulis épais se déverse sur moi. Mélange de décharge et d’âme pâteuse.
Tout-à-l’égout et maléfices.
J’aurai voulu goûter sa bouche.
 Je descends de mon nuage,
Cette fois l’étoile s’éloigne d’un peu plus près.

Je rôde encore un peu pour retrouver son odeur. Evaporée.
La crasse partout, sur les trottoirs, les murs, sous moi, en moi.
Le cœur poisseux, je reprends le spectacle de la ville là où il s’est arrêté.

Fin de l’entracte.

NÅÛŠî©Aˇ

Âh…mer…

 

photo200604l.jpg

 

Âh…Mer…
J’écoute les vagues qui viennent à moi
Et le bord dessine avec elles
Des rubans et des ailes…ˇ≈

Et dès lors que la mer me conte nos écueils
J’ignore la douleur…

Tu peux tout me dire, je n’entends que tes silences
Et les vagues qui roulent, roulent, roulent…
Le blanc de l’écume qui tâche le bleu de l’instant,
Et tes yeux…et tes yeux…

Tu peux tout me dire, j’ai perdu la voix,
Cordes vocales et corde sensible ne vibrent plus.

Avançons encore un peu …
Le vent renonce à nous porter plus loin,
Les falaises s’offrent à nous.
Le ressac étouffe tes paroles,

Rien ne s’envole.

Vu d’en bas on croirait un naufrage,
Vu d’en haut ça ressemble à un Krach.
D’ici, c’est un sabordage…

Tu as froid et j’ai peur…

Aucune chaleur humaine pour brûler le vide.
De cette chaleur humaine qui cautérise, enfièvre, enflamme…
Ravage…

Je songe …

J’aurais voulu écrire des baisers sur ton ventre,
Entremêler nos paumes affamées,
T’aimer jusqu’aux entrailles.
Epuiser tes doutes sur mon corps,
Epuiser mes reins sur le tien…
Mais j’ai froid en dedans

J’ai du givre plein le corps

Et plus tu me touches plus je me glace

Ta bouche creuse ma tombe,
Ma langue murmure une douce prière.
Déjà la nuit entre par la serrure.

J’emporte la plage et la neige au fond de mes chaussures…

Rien d’important

paveparis.jpg

 

 

Les rues mouillées glissent sous les pas,

Dans le mutisme …

Alentours les volets ont fanés,

Recroquevillés sur leurs façades closes.

Les ombres se sont couchées sur l’asphalte,

La pluie régurgite ses nuages.

Je me replie à l’intérieur de ma tête…

 

Poser mon stylo sur un quelconque bout de papier,

Lui mettre le cœur sous la gorge

Et expulser mes petites corrosions intimes,

A en faire craquer les ourlets confidentiels.

Dégainer deux mots peut-être quatre?

Suivis de trois points suspendus à du vide …

Relire…

Chiffonner mes pensées…

Et les jeter sur un coin de trottoir.

Rien d’important…Finalement…

 

 

 


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