Disette

 

27192unesdf2.jpg

 

 

Il aurait mieux valu que la rue te recrache,
Quand le printemps chantait au dessus de ta tête.

Les bouteilles à tes pieds marmonnaient les défaites,
Les marches d’escaliers étaient ton port d’attache.

On pouvait te blesser n’importe quand et où,
Toi ce qui t’importait c’est que tu vois le ciel,
Avec ou sans accroc, dans tes poches trois sous,
Dans les bruits de la rue, regards pestilentiels,
Des passants résignés à scruter vers ailleurs,
Pour trouver dans tout ça un semblant de morale.

En regardant leurs pieds ils se sentaient meilleurs,
Ils étouffaient dans l’œuf la gêne cérébrale,
Que tu leurs évoquais sous tes habits de suie.

Des fois ils t’embronchaient, ils ne te voyaient pas,
La vie se poursuivait, sans fin en bord de pluie,
Il fallait bien manger, quand bien même parfois…

Alors tu leur tendais ta casquette blasée,
Plus souvent sur le sol que sur ton caillou blanc,
C’était ça de gagné pas besoin de raser,
La vermine fuyait t’étais pas accueillant.

Un peu dans le métro, quelques fois sur un banc,
Tu repensais ta vie, la ruminais de près,
Claudiquais ton passé, tout ça pour pas un franc,
Le présent en sursis, la cirrhose en progrès.

Ils ont déménagé ton corps et ton foyer,
Ton carton et ton chien sans aucun bénéfice…
L’histoire fut réglée comme le fut jadis,
Le dossier des débits sous le bras de l’huissier.

 

0 commentaire à “Disette”


  1. Aucun commentaire

Laisser un commentaire



Histoires, contes, nouvelles |
DEMBELE MOUSSA |
Charles-Henri MARICEL-BALTUS |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | amazonelibre
| Poèmes, citations, toutes m...
| Poèmes, muse