Page d'archive 2

Bref.

eclatementtourbillonsextremitevoilure.jpg
La nuit est si longue à côtoyer
Le silence si lourd.

L’idée de traverser la vie
En dehors des clous
Chahute en travers de l’esprit.

Se laisser glisser au bord du vide
Et chuter, chuter sans crainte
Jusqu’à étreindre le souffle au fond des entrailles…
Se retrouver enfin.
Pour se perdre à nouveau l’instant d’après
Dans l’étreinte d’un monde inaudible

 

 

Leïla

 

brassaiprostitute.jpg
Je me souviens…

Il fallait remonter le long de la Joliette,
Le béton fatigué, les trottoirs délavés
Entendre résonner le rire des fillettes

Fantômes éthérés jouant sur les pavés Et attendre la nuit…

Pour mater Leïla et ses talons aiguilles
Traînant entre ses cuisses tous les bruits de la ville
La lune lézardée logée dans ses pupilles
Battant le tempo lourd des passions rétractiles
Et attendre son tour…

Il fallait remonter loin le court de sa jupe
Pour trouver son envie et ses amours à vifs
La langue bien pendue au sommet de la butte
Pourléchant les ardeurs de fidèles furtifs
Et attendre pourtant…

Pour mater Leïla et ses talons aiguilles
Cogner le long des rues, glisser le long des voies
Faufiler ses espoirs à l’abri loin des grilles
Où, pâle, elle gisait saignée comme une proie
Et attendre sans fin…

Il fallait remonter longuement les ruelles
Pour suivre Leïla dans les traces de sang
Se rappeler un jour combien elle était belle
Avant de la jeter au coin d’un vieil étang
Attendre seulement…

Il fallait remonter le long de la chaussée
Pour se remémorer qu’elle avait existé
Leïla en enfer la douleur exhaussée
Entre les mains d’un fou d’avoir tant résisté
Depuis je me souviens…

ici…
Ils ont monté ces tours, délogé les nuages
Ont dévoré le ciel, enterré la cité
Leïla pour toujours enfouie dans leurs bagages
Murmures d’horizon dans la férocité
De la ville…

Anouar Brahem- Leila au pays du carrousel

Image de prévisualisation YouTube

Entracte

clochardnotredame96.jpg

 

Décembre glisse dans la rame de métro.
Je suis paumé.
Cela fait longtemps déjà que je ne demande plus mon chemin.
Je préfère m’égarer dans mes rêves et veillées,
Allongé à plat ventre sur mon banc.
Est-ce que je fais semblant de vivre ?
Je bouge mes doigts crasseux.
On dirait bien.
Je replie mon sac à dos.
Les relents d’hier soir remontent le cours de ma mémoire,
Longue escale dans mes narines…
Navigation acide, brouillard épais, je flotte à vue basse sur gueule de bois.
Je traîne mon jean usé et ma tronche défectueuse.
Marseille se dérobe sous mes chaussures pelées.

Sur le trottoir d’en face cette fille qui attend,
Ses lèvres enroulées dans un rouge cerise,
Son cou pris dans une écharpe blanche.
Le désir à l’affût, je m’arrête sur les intonations lascives de ses courbes.
Une silhouette à découper, selon les pointillés dessinés par les battements de mon sexe.

Je traverse.
Je veux renifler le parfum matinal de cette fleur de ruelle.
Envie de la croquer jusqu’à la racine.
Etre le caillou de gouttière qui dresse un barrage entre elle et le reste du monde.

Elle me jette un regard, un air d’indifférence dans l’œil.
Pour le lui ôter, je soufflerai bien dessus mon haleine chargée des excès de la rue,
Mais elle semble si légère qu’elle pourrait s’envoler.
Je veux la garder sous les yeux.
Elle est à moi.

Je me rapproche pour mieux voir.
Du poteau où je suis adossé, le panorama est grandiose.
Je ne m’en lasse pas.
Je poursuis mon manège.
« La courbe de tes yeux fait le tour de mon cœur »
En attendant la mienne fait le tour de ses seins.

Je voyage entre les lignes de son relief, j’ai appris à lire au moins jusqu’au terminus :
Une chute de rein remarquable…
Et pas de quoi lui payer un café au bistrot du coin.

La galère me fait les poches jusque dans les moments les plus inattendus.

Elle me sourit…
Pour moi c’est comme si elle avait accouché d’un arc-en-ciel, là juste à mes pieds.
Oui M’sieur, dame, tout comme !

Je m’avance, elle aussi…

Derrière moi, cette voix grave qui m’assomme.

«Bonjour toi… »

Son sourire s’agrandit.
Elle passe à côté de mes espoirs débraillés.
Sans me voir…
Elle se jette dans les bras d’un costard impeccable, longuement étuvé à l’after-shave.

Un coulis épais se déverse sur moi. Mélange de décharge et d’âme pâteuse.
Tout-à-l’égout et maléfices.
J’aurai voulu goûter sa bouche.
 Je descends de mon nuage,
Cette fois l’étoile s’éloigne d’un peu plus près.

Je rôde encore un peu pour retrouver son odeur. Evaporée.
La crasse partout, sur les trottoirs, les murs, sous moi, en moi.
Le cœur poisseux, je reprends le spectacle de la ville là où il s’est arrêté.

Fin de l’entracte.

NÅÛŠî©Aˇ

Âh…mer…

 

photo200604l.jpg

 

Âh…Mer…
J’écoute les vagues qui viennent à moi
Et le bord dessine avec elles
Des rubans et des ailes…ˇ≈

Et dès lors que la mer me conte nos écueils
J’ignore la douleur…

Tu peux tout me dire, je n’entends que tes silences
Et les vagues qui roulent, roulent, roulent…
Le blanc de l’écume qui tâche le bleu de l’instant,
Et tes yeux…et tes yeux…

Tu peux tout me dire, j’ai perdu la voix,
Cordes vocales et corde sensible ne vibrent plus.

Avançons encore un peu …
Le vent renonce à nous porter plus loin,
Les falaises s’offrent à nous.
Le ressac étouffe tes paroles,

Rien ne s’envole.

Vu d’en bas on croirait un naufrage,
Vu d’en haut ça ressemble à un Krach.
D’ici, c’est un sabordage…

Tu as froid et j’ai peur…

Aucune chaleur humaine pour brûler le vide.
De cette chaleur humaine qui cautérise, enfièvre, enflamme…
Ravage…

Je songe …

J’aurais voulu écrire des baisers sur ton ventre,
Entremêler nos paumes affamées,
T’aimer jusqu’aux entrailles.
Epuiser tes doutes sur mon corps,
Epuiser mes reins sur le tien…
Mais j’ai froid en dedans

J’ai du givre plein le corps

Et plus tu me touches plus je me glace

Ta bouche creuse ma tombe,
Ma langue murmure une douce prière.
Déjà la nuit entre par la serrure.

J’emporte la plage et la neige au fond de mes chaussures…

Rien d’important

paveparis.jpg

 

 

Les rues mouillées glissent sous les pas,

Dans le mutisme …

Alentours les volets ont fanés,

Recroquevillés sur leurs façades closes.

Les ombres se sont couchées sur l’asphalte,

La pluie régurgite ses nuages.

Je me replie à l’intérieur de ma tête…

 

Poser mon stylo sur un quelconque bout de papier,

Lui mettre le cœur sous la gorge

Et expulser mes petites corrosions intimes,

A en faire craquer les ourlets confidentiels.

Dégainer deux mots peut-être quatre?

Suivis de trois points suspendus à du vide …

Relire…

Chiffonner mes pensées…

Et les jeter sur un coin de trottoir.

Rien d’important…Finalement…

 

 

 

Par celle…en souvenir…

bebe.jpg

 

 

La nuit à dévoré les arbres,
Les réverbères s’épanchent sur le bitume,
Leurs lueurs saignent dans ma chambre,
Le temps s’enraye, le froid aiguise son volume…
Je pense à toi…

Je me vois la tête blottie entre tes seins,
Entrain de respirer ton odeur de sommeil,
A la recherche de ta main,
Dans cet épais brouillon d’éveil…
J’étais si bien…

J’écoutais une à une flotter les minutes
Qui s’échappaient en ronde de la vieille horloge,
Et Le tic-tac dans sa chute
Patient, épuisait les heures de ses éloges…
Le silence…

Mon imagination s’écoulait sur les murs,
Je suivais des « fant’ombres », je n’avais pas peur,
J’étais si près de toi, au creux de tes murmures,
Qui me disaient alors « rendors-toi petit cœur »…

Un sourire…

Calme, j’ébouriffais mes rêves,
Pour libérer les oiseaux captifs des nuages,
Et mon enfance ne connaissait pas de trêve,
Dans la douceur de ce voyage,
Nocturne,
Contre ta peau .

 

Clandestinement

horizon.jpg

 

Clandestinement une touche d’ombre
S’écoule de tes doigts à ma peau…

La lune se plonge dans les yeux sombres,
La neige se diffuse lentement,
Le long de mes veines…
L’hiver s’installe, corps jetés au givre,
Verse La lumière froide d’hier,
Allonge ton souffle jusqu’à mes lèvres,
Morsure vénielle au parfum de ton sel,
Jusqu’à les glacer…

Tes nuits sans sommeil reprennent la fuite,
Entre mes hanches, l’envers de mon corps…
Bouche fébrile d’affirmer la suite,
Se diluant au contact des courbes,
Frissons dans le cou.

Je suis à l’arrière de ton monde.
Nue et incomplète sur le sol froid
Le plafond se déchire, peur profonde…
Les pupilles souffrent et se referment,
J’inspire [expire] à l’aveugle…

Clandestinement

Anna

Anna, petite Anna, ton fauteuil déroule devant nos yeux six années d’innocence qui passent désinvoltes, sans se retourner sur toi.
Poignées de semaines, elles ne te rendront jamais la monnaie des polichinelles que tu ranges en secret dans nos têtes.
Le temps est épuisé…il se meurt entassé au fond de l’impasse …
Les mots s’étranglent aussi…

Roule, roule petite Anna,

Que ton sourire aux plis dévastés froisse la plaie qui te ronge.

Emporte-les, Anna, tes rires écrémés, tes songes de moineaux frêles perchés sur ton enfance, ton regard au culot, qui ausculte le notre, dépouille nos pensées, étale nos mensonges…
Emporte-les Anna, loin de la douleur qui te dévisage d’un peu plus près chaque jour.

Eparpille l’âge tendre, la candeur, l’insouciance, bien à l’abri dans ton coffre à merveilles.

Cueille les larmes qui viennent se cogner contre tes rêves,
s’écrouler dans nos gorges, sans que l’on ne puisse rien y faire.
Impuissants, vulnérables, devant tes gestes fragiles, tes pommettes éteintes, qui sans ménagement découpent un peu plus chaque jour ta douce frimousse,gravent au fond de tes joues le visage du mal qui taillade tes veines de l’intérieur.

Princesse, serre-les fort dans tes menottes ces larmes, ces douleurs qu’elles ne puissent plus s’échapper.
Sanglots et supplices…On les enfermera au fin fond d’un cachot dans le ventre de la terre, qu’ils ne viennent plus saccager tes marelles, écorcher tes chevaux de bois, jouer à la bascule avec tes imagiers, ta maison de poupée.
On leur enverra ton courage pour qu’il déguise en guimauve les aiguilles, qui creusent les alentours de tes bras si gracieux, de tes jambes si menues …
Jouons à cache-cache mon ange, qu’elles ne te trouvent plus au pays des elfes…
Voguons petite fée, cachées sous ton foulard magique, on se tiendra la main. On fera les gamines, on fera des caprices dans les champs, les prairies, en quête d’un trésor au pied d’un arc en ciel.

Essayons d’attraper l’avenir qui se défile.
Face à toi…Honteux de lésiner sur les jours qu’il t’accorde…Bonnet d’âne. On le fera prisonnier lui aussi.
On le fera prisonnier c’est promis petite Anna. N’aie pas peur…

C’était le temps de l’espoir et des tendres berceuses dans le creux de l’oreille.

L’adolescence ne te verra jamais arriver par surprise Anna…jamais…

Le monde des grands ne saura pas non plus, qu’au fond de son jardin, sur l’herbe tendre, une petite rose chercha pendant longtemps un moyen de grandir. pour pouvoir le rejoindre.

Rechute…

mediumpluie.jpg
*

Les jours caméléons, lents, incertains, lunatiques,
Ne savent plus où se mettre, à l’étroit dans ma rue,
A présent que je sais vivre…Un peu.
La voix cassée, les minutes qui passent,
Et la terreur qui perd de sa spontanéité.
***
Oui, aujourd’hui est un bon jour pour puiser mes mots
Dans le marc du passé qui noie la tasse de vie.

D’envies.

Je ne suis pas dans mon assiette…Je crois.
Et Je ne suis plus dans ma dinette…c’est sur.
Pulsations de cœur…Un, deux, trois…presque quatre.
Déjà du ciel, jaillit comme un crachat d’oracle…
Il pleut, mauvais présage.
Demain ou dans une heure l’averse retournera silencieuse dans les cieux,
Mais en attendant elle me transperce la peau et j’ai froid.
Le frisson me pend au nez.


Un arrière-goût de poussière se plaque au sol…et à mes si. Juste là. Dans mon dos.
Le déluge se gargarise du goudron, des trottoirs, du béton, de ma chair,
Pendant que je grelotte…
Dehors l’orage…Dedans pas mieux. Dans mes yeux un torrent de paroles non dites. Gros vacarme.
Les nuages se plaignent, le vent retient son souffle.
Je me demande à quoi je pense ?

Quelques épluchures de silence, ça et là entre les bruits de la ville, me soulagent.
Je suis seule, plus personne dans la rue, plus que moi sous les flaques du temps.
Et quelques parapluies qui traînent leurs baleines…

123

Visiteurs

Il y a 1 visiteur en ligne
septembre 2021
L Ma Me J V S D
« juin    
 12345
6789101112
13141516171819
20212223242526
27282930  

Histoires, contes, nouvelles |
DEMBELE MOUSSA |
Charles-Henri MARICEL-BALTUS |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | amazonelibre
| Poèmes, citations, toutes m...
| Poèmes, muse